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Théâtre de la Reine Clotilde - 77 Rue de Grenelle 75007 Paris

BÉRÉNICE

JEAN RACINE

Mise en scène et Scénographie EMILE AZZI

LE 29 FÉVRIER 2020

LE 01, 07, 08, 14, 15, 21, 22, 28, 29 MARS 2020

JEAN RACINE

LE 29 FÉVRIER 2020

LE 01, 07, 08, 14, 15, 21, 22, 28, 29 MARS 2020

À propos

"Sais-je combien le ciel m'a compté de journées ?  
Et de ce peu de jours, si longtemps attendus,  
Ah malheureux ! combien j'en ai déjà perdus !
...Mais il ne s'agit plus de vivre, il faut régner."

 

Aucune action. Ici tout est joué d'avance. Le devoir et le pouvoir avant tout. L’Empereur de Rome ne peut épouser une étrangère. La passion amoureuse qui unit le nouvel empereur Titus à la reine Bérénice se trouve anéantie. Antiochus, fou amoureux en secret de Bérénice et ami de Titus est le témoin impuissant de ces destinées où l’annonce à l’autre est la seule action de ce classique du répertoire d’un des plus grands auteurs français. 

Le cabinet de Titus se situe ici à Baalbeck au Liban conséquence du dérèglement climatique et Baalbeck située dans les terres de la plaine de la Békaa au climat semi aride se retrouve ici au bord d'une mer de glace. Même les vagues se sont figées dans leur mouvements. L'Antarctique est aux portes de Baalbeck. Comme un bloc de glace ou une colone tout va s'écrouler, s'effondrer, fondre. Mon cri, pour dénoncer cette réalité désormais à notre porte.

L’alexandrin touche ici les sommets, le vertige est sans limite, les murs tremblent. Le spectateur est ici invité à un voyage au cœur de l’âme humaine traversée par les méandres d’une parole d’une pureté où les sentiments sont à nu dans une transparence viscérale. Comment « dire » ? Il faut pourtant vivre ces moments que tout un chacun est amené à traverser. Elle le cherche, il l'évite, et pourtant : il l'aime. Les relations humaines sont ce qu'il y a de plus difficile au monde.

Tout s'écroule autour de nous et rien ne change : inertie, inaction, désolation, résignation. Ni la richesse, ni le pouvoir ne pourront sauver notre monde. La terre nous parle mais nous ne voulons pas l'entendre : déforestations, incendies, dérèglements climatiques, tout disparaît !

Mon âme est en peine devant ces images de désolation, ces êtres innocents qui meurent et disparaissent dans tant de souffrances, et, j'assiste impuissant. Il n y a aucune consolation possible. Ce qui est perdu est perdu à tout jamais. Devant tant d'indifférence, de non réaction, de non changement.

J'ai voulu inscrire cette Bérénice connectée aux réalités du monde actuel avec les enjeux de notre présent. Le parallèle est bien réel avec l'oeuvre de Racine. Tout est déjà joué. Il n 'y a en réalité aucun espoir, juste l'illusion. Ce qui risque d'arriver arrivera et tout le monde l'a déjà accepté. Tout est figé, joué, décidé, acté.

Auteur

JEAN RACINE né à La Ferté-Milon le 22 décembre 1639 et mort à Paris le 21 avril 1699. Dramaturge et poète français, consacré par la critique comme l'un des plus grands auteurs français de tragédies, il est l'un des trois dramaturges majeurs, avec Corneille et Molière, de la période classique en France. Issu d'une famille de petits notables de la Ferté-Milon et tôt orphelin, Racine reçoit auprès des « Solitaires » de Port-Royalune éducation littéraire et religieuse rare. Se détournant d'une carrière ecclésiastique, il entreprend, jeune, de faire une carrière des lettres, en privilégiant la poésie et le théâtre tragique. Le succès d’Alexandre le Grand, en 1665, lui confère une solide réputation et lui apporte le soutien du jeune roi Louis XIV. Andromaque, en 1667, ouvre une décennie de grandes créations qui voit, à côté d'une unique comédie (Les Plaideurs, 1668), représentées les sept, tragédies consacrées par l’historiographie comme ses plus remarquables : Britannicus (1669), Bérénice (1670), Bajazet (1672), Mithridate (1673), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677).                                                                          

La « tristesse majestueuse » de ces pièces épurées rompant avec l’héroïsme baroque fait la renommée du dramaturge et divise profondément le public français, dont une partie défend la tragédie cornélienne. Le succès populaire, les querelles critiques, l'appui du roi et les faveurs à la cour de Mme de Montespan entraînent une ascension sociale et économique fulgurante de l'auteur : élu à l'Académie française en 1672, anobli en 1674, Racine abandonne en 1677 le « métier de poésie » pour briguer le « glorieux emploi » d'historiographe du roi. Devenu l'un des courtisans proches du Roi-Soleil, il ne délaisse son travail d'historien que pour donner, à la demande de Mme de Maintenon, deux tragédies bibliques aux jeunes filles de Saint-Cyr : Esther (1689) et Athalie (1691), et pour écrire en secret un Abrégé de l'histoire de Port-Royal, retrouvé et publié après sa mort. Le vaste travail historique auquel il consacre la majeure partie de ses vingt dernières années, l'histoire de Louis XIV, disparaît entièrement dans l'incendie de la maison de son successeur, Valincour.

L'œuvre de Racine passe pour avoir amené la tragédie classique à son « accomplissement » et son « harmonie ». L'économie du propos, la rigueur de la construction (situation de crise menée à son acmé), la maîtrise de l'alexandrin et la profondeur de l'analyse psychologique ont élevé le corpus racinien au rang de modèle classique. Par son respect strict des unités de temps, de lieu et d'action, Racine refuse la primauté, la densité et l'héroïsme de l'action propres aux tragédies de Pierre Corneille, auquel il est souvent opposé. Il lui préfère un épurement de l'intrigue (parfois extrême, en particulier dans Bérénice) et l'intensité psychologique. Abandonnant le ton glorieux et moral du théâtre du début du xviie siècle, Racine soumet la vertu politique et la raison d'État, chères à Corneille, sous les contingences passionnelles. La passion soumet et détruit ses personnages tout-puissants (rois, empereurs, princesses) qui tentent en vain de lutter contre elle, perdant le sens du devoir jusqu'à la déraison ou la mort. Les passions, parmi lesquelles l'amour prime, sont le fondement du tragique racinien en ce qu'ils sont les instruments du destin. L'amour racinien suit en ordre général la structure du triangle amoureux, inexorable et cruel pour chacun des partis. Le fondement de ce tragique relève à ce titre de la confrontation de la démesure et de la déraison des passions avec l'humilité de la finitude des mortels. Les tragédies de Racine se fondent sur la conjonction de la crainte et de la pitié (les deux émotions fondamentales du théâtre antique); la critique a souvent estimé que le dramaturge a ainsi cherché à associer la prédestination janséniste et le fatum antique.

L'ÉQUIPE

Avec 

Rabia Tlili , Emile Azzi, Alexandre Triaca, Philippe Michel, Nicolas Thuet, Delphine André

 

  

AUTOUR  DU  SPECTACLE

" Le rien, le vide, le néant. Enlever, retirer, fondre, absorber.

Ne laisser qu'un espace vide. Tout est poussière, tout est artifice, tout est vanité. Le vers de Racine ne tolère rien d'autre que le vers lui même.

Pour que seul reste les mots de l'alexandrin qui heurte l'espace invisible, l'espace vide.

Les mots seules substance, seule action. Pour qu'arrive alors le vertige.

Impossible de bouger les lignes.

Impossible d'agir.

Impossible de faire réagir.

Stagnation.

Mur de glace.

Chacun est seul.

Même quand tout est condamné il faut vivre les émotions et exister sans rien d'autre. 

Les vers de racine et l'émotion de l'acteur pénètre ici 'invisible instant, l'invisible présent, l'inaccessible éternité, la mort. 

Il ne reste de nous que l'émotion qui naît de nous, que la sensation qui naît de nous. Le monde un est décor. Tout est dans ce que nous ressentons. Ce qui nous traverse de l'intérieur. Tout est subjectivité, perspective, regard singulier, le sentiment c'est l'éternité de l'instant. Nous sommes condamnés à être inconsolable, pourtant il y'a une jouissance aussi forte que la joie. 

Comme un coup de canon au loin que l'on entends pas."

Emile Azzi