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Théâtre de la Reine Clotilde - 77 Rue de Grenelle 75007 Paris

FESTIVAL LABORATOIRE ÉVASIONS

L'ÉTOILE SANS NOM

MIHAIL SEBASTIAN

Mise en scène DARIA KONSTANTINOVA

CIE L'ÉTOILE SANS NOM

À propos

Dans cette pièce, l'amour est une découverte, c'est la rencontre avec l'inconnu qui chamboule la vie et nous empêche de revenir à la vie que l'on menait précédemment. C'est un amour pur, l''amour qu'on peut ressentir vis-à-vis du ciel et des étoiles, simplement parce qu'elles existent et ne nous appartiendront jamais.

L'étoile sans nom nous inspire grâce à des personnages de rêveurs/génies tels que Mirou qui a découvert une étoile sans jamais l'avoir vue ou encore Udrea, le compositeur qui a écrit une symphonie qu'il ne peut que jouer dans sa tête car il lui manque l'instrument clé. Ces êtres passionnés savent qu'il existe quelque chose au-delà du monde visible et continuent d'y croire malgré le fait qu'ils soient décrétés fous.

Malgré tout, les personnages s'imposent mentalement des limites et une paresse qui les empêchent d'avancer. Je retrouve beaucoup la mentalité russe dans le fait de rêver et de se contenter simplement de son rêve. Car un rêve n'est pur que s'il n'est pas réalisé, tout comme un amour reste sublime tant qu'il n'est pas vécu entièrement.

Auteur

Mihail Sebastian (de son nom patronymique Iosif Hechter, né le 18 octobre 1907 à Brăila en Roumanie ; mort le 29 mai 1945 renversé par un camion à Bucarest) était un écrivain, dramaturge et essayiste  roumain de culture juive. Son frère aîné, le docteur Pierre Hechter, a vécu toute sa vie à Sceaux.

Après avoir terminé ses études secondaires, Sebastian collabora à la revue Cuvântul (« la Parole »)1. Il fit des études de droit, mais fut vite attiré par la vie littéraire intense de la Roumanie, dont le territoire s'était considérablement étendu, avec pour conséquence le doublement de sa population juive. Les pensées généreuses de la révolution de 1848 y subissaient alors l'influence des idées d'Arthur de Gobineau, Oswald Spengler, T. S. Eliot et Ezra Pound, émises à son tour par le philosophe Nae Ionescu, qui eut une grande influence sur les amis de Sebastian, dont Emil Cioran et Mircea Eliade. Il débuta dans la littérature avec Fragments d'un cahier retrouvé en 1932 puis Femmes, un recueil de nouvelles en 19332.

 

Le roman de Sebastian De două mii de ani ((fr) Depuis deux mille ans), publié en 1934 avec une préface de Nae Ionescu qui, influencée par l'antisémitisme de l'époque, fit scandale. Il revêt une importance particulière et décrit le dilemme et les questionnements identitaires d'un jeune citoyen roumain qui tente de se comprendre à la fois en tant que juif et en tant que roumain. Sebastian fut attaqué à la fois par la presse d'extrême-droite et la presse démocratique. Il fut considéré comme « trop juif » par les nationalistes roumains et « trop roumain » par les nationalistes juifs.

En 1935, il publia Comment je suis devenu un hooligan où il répondit aux attaques dont il avait été l'objet. En 1938, Jouons au vacances fut son premier grand succès en tant que dramaturge. Sebastian se fit aussi un nom comme essayiste et comme critique littéraire et théâtral. Il écrivit de nombreux articles sur des classiques européens modernes comme Stendhal, Proust, Gide, Joyce, mais également sur des auteurs roumains comme Mircea Eliade, Camil Petrescu, Max Blecher. Proust et Gide exercèrent une grande influence sur lui. En 1939, il publia une monographie sur les échanges épistolaires de Proust qui devait être suivie d'autres livres sur l'auteur français.

Sebastian a appartenu à la Jeune Génération roumaine, groupe d'intellectuels rassemblés autour du philosophe Nae Ionescu et du cercle Criterion, qui comptait notamment Mircea Eliade, Emil Cioran et Constantin Noica. Ce qui les liait était la recherche d'« authenticité », d'une vie intellectuelle capable de dépasser les conventions factices de l'existence moderne. Ce groupe était à l'origine apolitique. Mais tandis que des événements politiques se précipitaient en Roumanie et en Europe, ses membres les plus connus mirent de côté leur attitude de non-engagement au cours des années 1930. Quelques-uns d'entre eux, comme Nae Ionescu, Mircea Eliade, Camil Petrescu et Emil Cioran, ont commencé à sympathiser avec les « légionnaires » de la Garde de fer, mouvement anti-communiste, nationaliste et intégriste chrétien persécuté par le gouvernement roumain : ils approuvaient le « purisme » des « légionnaires », alors que ceux-ci étaient antisémites et utilisaient la violence contre les intellectuels, les démocrates et les juifs2. Au début de la Seconde Guerre mondiale, avec le pacte Hitler-Staline et la défaite française, la Roumanie se retrouve isolée, puis démembrée, et se rapproche des puissances de l'Axe. En tant que juif, Sebastian considérait cette évolution d'un œil critique et condamna ses collègues sans pour autant rompre avec eux.

L'écrivain a évoqué ces événements sociaux et politiques dans son journal intime ; il y relate aussi l'antisémitisme de l'État roumain dans les années 1938-1944, qui a culminé avec la Shoah en Roumanie en 1941-1943 sous le gouvernement d'Ion Antonescu, le « Pétain roumain » (comme il se qualifiait lui-même). Son journal est ainsi un témoignage sur le délitement de la démocratie et de l'humanisme dans un pays qui sombre dans le nationalisme, la lâcheté, la haine et le crime, témoignage comparable à ceux de Victor Klemperer ou d'Anne Frank.

Sebastian a échappé à la déportation : le gouvernement roumain d'Antonescu a prioritairement déporté et assassiné les juifs devenus soviétiques lors de l'occupation soviétique de la Bessarabie et de la Bucovine du Nord. Ces juifs qui avaient perdu leur citoyenneté roumaine furent accusés en bloc, après que la Roumanie eut récupéré ces territoires, d'avoir « soutenu l'occupant bolchevik ». Mais Sebastian a été écrasé par un véhicule peu après la fin de la guerre : c'était alors une méthode fréquemment employée par la toute nouvelle police politique communiste pour se débarrasser des penseurs et auteurs « gênants » (potentiellement dissidents), méthode plus rapide et simple que les procès staliniens où son nom n'en fut pas moins évoqué à côté de ceux des « comploteurs réactionnaires ». En 2006, la version allemande de son journal intitulée Voller Entsetzen, aber nicht verzweifelt a été distinguée à titre posthume par le Prix frère et sœur Scholl.

L'ÉQUIPE

Avec Benjamin Gray, Lucie Cloteaux, Dimitri Kamenka, Pierre Gaillourdet, Jeremy Margue, Solenn Persenico, Olivier Salomon, Vivien Neiviv, Lisa Hurel

 

AUTOUR  DU  SPECTACLE

Le talent n’a oublié personne dans cette troupe de comédiens brillants et pétris d’énergie, qui livrent une interprétation toujours juste et précise. Les jeux de lumières donnent vie à chacun de ces neuf personnages pittoresques dans leur univers propre. Et ils nous régalent tous, sans exception, de leur personnalité très travaillée et bien campée.

- L'info Tout Court

Aujourd'hui une jeune metteuse en scène russe, Daria Konstantinova, avec une bonne équipe [...] , ressuscite un travail intéressant, dont on se souvient peu.

- Paris vertigo

Le décor est simple mais terriblement efficace pour nous plonger dans un passé à peine poussiéreux. Un peu comme un grenier derrière la porte duquel nous attendrait un lumineux trésor. D’autant que, même les éléments non matérialisés, comme le train – lorsque nous sommes dans la gare – ou l’arrosoir – un peu plus tard dans l’appartement de Mirou – nous semblent présents. C’est dire la qualité de cette toute première mise en scène de Daria Konstantinova. En effet, la jeune femme parvient, en nous faisant ressentir l’existence d’éléments pourtant invisibles à l’œil et impalpables, à prolonger au-delà du récit cette balade entre réel et imaginaire dans laquelle l’histoire nous emmène.

- L'Info Tout Court