UNE JOURNÉE

D'IVAN DENISSOVITCH

Alexandre Soljenitsyne 

Mise en scène EMILE AZZI

À propos

"Une journée de passée. Sans seulement un nuage. Presque de bonheur. Des journées comme ça, dans sa peine, il y en avait d'un bout à l'autre, trois mille six cent cinquante-trois. Les trois de rallonge, c'était la faute aux années bissextiles."

Ivan Denissovitch Choukhov est condamné à dix ans de camp de travail. Le récit nous montre sa journée depuis le coup sur le rail suspendu dans la cour qui marque le lever, jusqu'au court répit du soir et au coucher. L'auteur nous fait pénétrer dans l'univers des goulags, nous sommes au cœur de l'hiver kazakhe. Archétype du paysan russe Choukhov est un homme humble en qui le bien fait encore son œuvre. Il a su se libérer intérieurement et même à vaincre la dépersonnalisation que ses maîtres auraient voulu lui imposer en lui donnant son matricule.

 

"Ce n'est pas pour cela qu'il faut prier. La liberté, qu'est ce qu'elle vous donnerait ? En réalité, les ronces achèveraient d'étouffer le peu de foi qui vous reste. Réjouissez-vous d'être en prison. Ici au moins, vous avez le temps de penser à votre âme !"

Auteur

Alexandre Issaïevitch Soljenitsyne, né le 28 novembre 1918  à Kislovodsk et mort le 3 août 2008 à Moscou, est un écrivain russe et dissident du régime soviétiqueNé dans une famille modeste du nord du Caucase, il fait de brillantes études en mathématiques et en littérature. Il grandit sous le régime communiste, à l'idéologie duquel il adhère alors. Lorsque commence la guerre contre l'Allemagne en 1941, il rejoint l'armée puis intègre une école d'artillerie. Promu officier, il fait preuve d'une conduite exemplaire au front qui lui vaut d'être décoré. Cependant, il est arrêté en 1945 pour avoir critiqué Staline dans un échange de lettres privées, et est condamné pour « activité contre-révolutionnaire » à huit ans de détention dans les camps de travail pénitentiaireRentré du goulag, il publie un premier roman en 1962 à la faveur de la déstalinisation et du relatif adoucissement du régime sous KhrouchtchevUne journée d'Ivan Denissovitch, première œuvre littéraire témoignant du goulag et de l'existence de camps au pays du socialisme, et qui fait l'effet d'une bombe. Malgré la censure, il parvient à publier d'autres ouvrages et à faire sortir ses textes clandestinement d'URSS. Ils lui valent une réputation mondiale, jusqu'à obtenir le prix Nobel de littérature en 1970. Alors que le régime se durcit sous l'ère Brejnev et que la police secrète se saisit de certains de ses manuscrits, il donne l'ordre de publier L'Archipel du Goulag en 1973, à Paris. Cette chronique minutieuse du goulag, nourrie de nombreux témoignages secrets de rescapés des camps, connaît un retentissement mondial. Il est arrêté en 1974, expulsé d’Union soviétique et déchu de sa citoyenneté. Réfugié en Europe de l'Ouest, il s'installe aux États-Unis dans le Vermont, où il passe vingt ans en exil, au cours desquels il écrit sa monumentale Roue rouge. Figure de proue de la dissidence soviétique, il se démarque cependant par une vive critique du matérialisme occidental, notamment dans son Discours de Harvard en 1978 sur le déclin du courage. Réhabilité par Mikhaïl Gorbatchev, il rentre en 1994 à Moscou, où il termine sa vie.

L'ÉQUIPE

Avec

Emile Azzi 

Assistant mise en scène John Sunshine

AUTOUR  DU  SPECTACLE

"L'auteur signe un chef-d'œuvre qui restera dans toutes les anthologies du vingtième siècle comme le symbole littéraire de l'après-Staline. Soljenitsyne conçoit le projet du roman dès 1950 ou 1951 alors qu'il est détenu dans le camp d'EkibastouzLe roman décrit les conditions de vie dans un camp du Goulag au début des années 1950 à travers les yeux du prisonnier Ivan Denissovitch Choukhov, que l'on suit au cours d'une journée. La parution du roman en URSS en 1962, même dans le contexte de la déstalinisation, fit l'effet d'une bombe. Pour la première fois, une œuvre littéraire présentait au lecteur soviétique un témoignage du Goulag.

"Si l'homme, comme le déclare l'humanisme, n'était né que pour le bonheur, il ne serait pas né non plus pour la mort. Mais corporellement voué à la mort, sa tâche sur terre n'en devient que plus spirituelle : non pas un gorgement de quotidienneté, non pas la recherche des meilleurs moyens d'acquisition, puis de joyeuse dépense des biens matériels, mais l'accomplissement d'un dur et permanent devoir, en sorte que tout le chemin de notre vie devienne l'expérience d'une élévation avant tout spirituelle : quitter cette vie en créatures plus hautes que nous n'y étions entrés."

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